Assurance-vie
Épargne, fiscalité avantageuse, transmission facilitée. L'assurance-vie fait beaucoup de choses bien — son nom, un peu moins.
Cette fiche est à vocation informative. Elle ne constitue pas une recommandation d'investissement.
Deux façons de faire travailler votre argent.
L'assurance-vie vous laisse choisir : la sécurité d'un capital garanti, le potentiel des marchés financiers, ou un mélange des deux.
Le fonds euros
Votre capital est garanti par l'assureur. Les intérêts sont acquis définitivement chaque année (on appelle cela « l'effet cliquet »). Le rendement moyen se situe autour de 2,5 % à 3 % par an.
Les unités de compte
Votre épargne est investie sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier). Le capital n'est pas garanti — sa valeur peut baisser — mais le potentiel de gain est plus élevé sur le long terme.
Vous choisissez votre positionnement entre sécurité et performance. Et vous pouvez le modifier à tout moment, sans impôt.
Exemple concret
Je place 10 000 € en assurance-vie
Fonds euros — 6 000 €
Capital garanti. Chaque année, les intérêts sont définitivement acquis. Les prélèvements sociaux (17,2 %) sont prélevés chaque année sur les intérêts. Avec un rendement brut de 2,5 %/an (soit ~2,07 % net), vos 6 000 € deviennent environ 6 645 € après 5 ans.
Unités de compte — 4 000 €
Capital non garanti, investi en actions et obligations. Historiquement, elles rapportent plus que les fonds euros sur le long terme, mais avec des hauts et des bas. Les prélèvements sociaux ne sont dus qu’au rachat — vos gains restent investis en attendant. Avec un rendement de 6 %/an, vos 4 000 € pourraient valoir environ 5 350 € après 5 ans — mais aussi moins si les marchés baissent.
Résultat après 5 ans : vos 10 000 € pourraient valoir autour de 12 000 €, dont une partie sécurisée (fonds euros) et une partie exposée aux marchés (unités de compte).
À qui s'adresse l'assurance-vie ?
Quel que soit votre profil, l'assurance-vie peut s'adapter à vos objectifs.
Pas de condition d’âge ni de revenus pour ouvrir un contrat.
6 idées reçues sur l'assurance-vie.
« L’assurance-vie, c’est pour les vieux. »
En réalité
L'assurance-vie s'ouvre dès 18 ans et s'adapte à tous les âges. Plus vous commencez tôt, plus le temps travaille pour vous. Un jeune de 25 ans qui place 100 € par mois peut se constituer un capital significatif en 10 ans.
« Mon argent est bloqué. »
En réalité
Vous pouvez retirer votre argent à tout moment, sans aucun blocage. Avant 8 ans, vous payez un peu plus d'impôts sur vos gains. Après 8 ans, vous bénéficiez d'un avantage fiscal — mais l'argent reste toujours disponible.
« C’est compliqué à gérer. »
En réalité
Ouvrir un contrat en ligne prend moins de 15 minutes. Vous pouvez choisir un fonds euros (capital garanti, rien à faire) ou une gestion pilotée (un professionnel gère pour vous). Pas besoin d'être expert.
« Le fonds euros rapporte beaucoup. »
En réalité
Le fonds euros rapporte entre 2 et 3 % par an en moyenne. C'est mieux qu'un Livret A, mais ce n'est pas un placement à fort rendement. Son atout principal, c'est la sécurité : votre capital est garanti.
« Toutes les assurances-vie se valent. »
En réalité
Les frais varient énormément d'un contrat à l'autre : de 0,5 % à 1,2 % par an sur les unités de compte. Sur 20 ans, cette différence peut représenter plusieurs milliers d'euros. Comparer les contrats avant de souscrire est essentiel.
« Il faut beaucoup d’argent pour ouvrir. »
En réalité
Certains contrats en ligne acceptent une ouverture dès 100 €. Vous pouvez ensuite alimenter votre contrat à votre rythme, sans montant minimum de versement chez la plupart des assureurs en ligne.
Les risques réels de l'assurance-vie.
Perte en capital (unités de compte)
Si vous investissez en unités de compte, votre capital n'est pas garanti. Sa valeur peut baisser en fonction des marchés. Vous pouvez récupérer moins que ce que vous avez versé.
Frais élevés
Frais sur versement, frais de gestion, frais des fonds… Mal choisis, les frais peuvent grignoter une part importante de vos gains. Sur 20 ans, l'écart entre un bon et un mauvais contrat se chiffre en milliers d'euros.
Inflation sur le fonds euros
Le fonds euros rapporte entre 2 et 3 % par an. Si l'inflation est supérieure, votre épargne perd du pouvoir d'achat malgré un capital garanti en valeur absolue.
Clause bénéficiaire mal rédigée
L'avantage transmission de l'assurance-vie repose sur la clause bénéficiaire. Si elle est mal rédigée ou pas mise à jour, le capital peut ne pas revenir aux personnes souhaitées.
Mauvaise allocation dans le temps
Investir 100 % en unités de compte à 60 ans, ou 100 % en fonds euros à 25 ans, c'est ne pas adapter votre risque à votre horizon. L'allocation doit évoluer avec votre situation.
L'assurance-vie n'est pas sans risque. Même le fonds euros peut perdre face à l'inflation. Comparez les contrats et adaptez votre allocation à votre horizon.
La transmission : l'atout méconnu de l'assurance-vie.
Jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire sans impôt — sous conditions. Un avantage unique en France, mais avec des règles précises.
Succession classique
Partie non taxée
100 000 €
par enfant (ligne directe)
Barème progressif
Charge fiscale élevée
Via assurance-vie
OptimiséPartie non taxée
152 500 €
par bénéficiaire (versements avant 70 ans)
Taux forfaitaires
Charge fiscale réduite
Exemple concret : transmission de 300 000 € à 2 enfants
Succession classique
≈ 38 194 €
d'impôt total
Via assurance-vie
0 €
sous le seuil d’exonération
Économie : 38 194 € grâce à l'assurance-vie
Conditions et limites à connaître
- Versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire. C'est le cas le plus avantageux — et celui présenté dans l'exemple ci-dessus.
- Versements après 70 ans : règles différentes. L'abattement tombe à 30 500 € au total (tous bénéficiaires confondus). Seules les primes versées sont taxées — les intérêts générés restent exonérés.
- Clause bénéficiaire : l'avantage fiscal ne fonctionne que si la clause est correctement rédigée et à jour. Pensez à la vérifier régulièrement.
Calcul simplifié, hors frais et cotisations sociales. Chaque situation est unique — consultez un professionnel pour un conseil adapté.
Les frais font plus de différence que vous ne le pensez.
2 900 €
d'écart sur les frais
Sur 10 000 € placés pendant 20 ans avec un rendement de 5 % par an, la différence de frais entre un contrat en ligne et un contrat bancaire peut atteindre cette somme.
Contrat en ligne
Plateforme internet spécialisée dans l'épargne — pas d'agence physique, ce qui permet des frais plus bas
Contrat bancaire
Votre banque habituelle — vous bénéficiez d'un conseiller en agence, mais les frais sont généralement plus élevés
À ces frais s'ajoutent les frais propres aux fonds dans lesquels vous investissez (typiquement 1,5 % à 2 % par an). Ces frais sont les mêmes quel que soit le type de contrat.
Quand l'assurance-vie devient-elle vraiment intéressante ?
Avant 8 ans
Si vous retirez de l'argent, l'État prélève 30 % sur vos gains (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). L'assurance-vie est exclue de la hausse de CSG de 2026.
Après 8 ans
Chaque année, une partie de vos gains retirés est exonérée d'impôt (4 600 € si vous êtes seul, 9 200 € en couple). Au-delà, le taux d'imposition est réduit.
Avant 8 ans
Si vous retirez de l'argent, l'État prélève 30 % sur vos gains (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). L'assurance-vie est exclue de la hausse de CSG de 2026.
Après 8 ans
Chaque année, une partie de vos gains retirés est exonérée d'impôt (4 600 € si vous êtes seul, 9 200 € en couple). Au-delà, le taux d'imposition est réduit.
En clair : après 8 ans, vous payez moins d'impôts quand vous retirez votre argent. Et les prélèvements sociaux (17,2 %) restent dus dans les deux cas — c'est un prélèvement automatique sur vos gains. À noter : sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur les intérêts. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu'au moment du rachat, ce qui permet de réinvestir la totalité des gains en attendant.
Exemple : Marie retire son contrat
Marie a placé de l’argent pendant 8 ans. Son contrat vaut aujourd’hui 50 000 € : 40 000 € de versements et 10 000 € de gains. Elle décide de tout retirer.
Gains totaux de Marie
10 000 €
Partie exonérée (bonus des 8 ans)
− 4 600 €
Reste soumis à l’impôt
5 400 €
Impôt sur le revenu
405 €
7,5 % sur les 5 400 € restants (taux réduit après 8 ans)
Cotisations sociales
1 720 €
17,2 % prélevés automatiquement sur la totalité des 10 000 € de gains
Total prélevé
2 125 €
Marie récupère 47 875 € net
Si elle avait retiré avant 8 ans
3 000 € d’impôts
Taux unique de 30 %
En retirant après 8 ans
2 125 € d’impôts
Grâce à la partie exonérée
Résultat : Marie économise 875 € en ayant attendu 8 ans.
10 ans d'épargne, étape par étape.
Un scénario possible parmi d'autres. Suivez le parcours de Marie — avec ses bons moments et ses doutes.
0 €
0 €
0 €
0 €
0 €
Départ
Marie ouvre son contrat
Versement initial de 10 000 € réparti entre fonds euros et marchés financiers.
Année 3
Versements réguliers
Marie verse 200 €/mois. 17 200 € versés au total. Son contrat progresse modestement grâce au fonds euros.
Année 4
Correction des marchés
Les unités de compte baissent de 15 %. Son capital passe sous le montant versé. Le fonds euros amortit une partie de la baisse.
Année 8
Le cap des 8 ans
Les marchés ont fini par remonter. Bonus fiscal activé : 4 600 € de gains retirés par an sans impôt sur le revenu.
Année 10
Bilan (scénario favorable)
34 000 € versés au total. Capital : 50 000 €. Un scénario positif — mais le résultat aurait pu être différent.
Départ
0 €
Marie ouvre son contrat
Versement initial de 10 000 € réparti entre fonds euros et marchés financiers.
Année 3
0 €
Versements réguliers
Marie verse 200 €/mois. 17 200 € versés au total. Son contrat progresse modestement grâce au fonds euros.
Année 4
0 €
Correction des marchés
Les unités de compte baissent de 15 %. Son capital passe sous le montant versé. Le fonds euros amortit une partie de la baisse.
Année 8
0 €
Le cap des 8 ans
Les marchés ont fini par remonter. Bonus fiscal activé : 4 600 € de gains retirés par an sans impôt sur le revenu.
Année 10
0 €
Bilan (scénario favorable)
34 000 € versés au total. Capital : 50 000 €. Un scénario positif — mais le résultat aurait pu être différent.
Simulation à titre indicatif basée sur un rendement moyen de 4 %/an (profil mixte fonds euros + unités de compte). Les marchés peuvent connaître des baisses prolongées. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Le capital investi en unités de compte n'est pas garanti.
L'assurance-vie est-elle faite pour vous ?
Souvent un bon choix si...
- Vous voulez épargner à votre rythme, sans contrainte de montant ni de durée
- Vous cherchez à payer moins d'impôts après 8 ans
- Vous pensez transmission et souhaitez protéger vos proches
- Vous voulez diversifier vos placements (actions, obligations, immobilier)
- Vous souhaitez pouvoir emprunter (avance) auprès de l'assureur sans rachat — par exemple pour un achat immobilier — à des taux corrects, sans déclencher d'imposition
Pas toujours adapté si...
- Vous avez besoin de votre argent immédiatement (le Livret A est mieux adapté)
- Vous ne supportez aucun risque de perte en capital
- Vous comptez retirer votre argent dans moins de 3 ans
Vous n'avez pas besoin d'être expert pour commencer.
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